S'identifier - S'inscrire - Contact
 

 Ecrits sur le thème du Carnaval

Avec la collaboration de l'Atelier Concordance

 

Mots-clés : ,

 

Le carnaval”


 

http://concordance.free.fr/home.php?lang=1


 

http://concordance.free.fr/forums-lire.php?f=24


 


 

En collaboration avec l'Atelier “Concordance” et MLB - I.E.F.E. - Montpelier 3,

vous trouverez ci-après quelques créations d’étudiants

en classe “Français Langue Etrangère”

(Niveau C1 défini par le Cadre Commun de Référence

établi par le Conseil de l’Europe).


 

 


 

Andres (Colombie)


 

J’ai vu ses yeux méchants derrière le masque. Ils étaient beaux, d´un vert unique. Ce vert m’apaisait. J´oubliais tout ce qui était autour et me trouvais perdu dans ce vert qui n´était pas un vert, qui n´existait nulle part ailleurs, qui paraissait avoir été inventé juste pour son visage, pour elle, pour moi. Elle était toute déguisée, tout en vert, dans des milliards de verts ; vert pelouse, vert feuille d´arbre, vert émeraude, vert grenouille, vert smart, vert dentifrice… des milliards de verts ; des verts qui étaient des verts, qui n´étaient pas du tout comparables avec le vert de ses yeux. Elle était belle : tout pour moi, apparemment !


 

Le carnaval vient toujours avec des couleurs, avec de la musique, avec des excès et de la folie. Maintenant, je me suis habitué. Je parcours les rues, entends la musique, traverse les foules déguisées, habillées en vert, en bleu, en orange, en rouge, en blanc, en noir, avec des masques ou sans, chantantes, ivres, heureuses, apparemment. Je les regarde et ne vois que ses yeux. Chaque année la même chose. Il n´y a plus de secrets pour moi, plus rien qui puisse me faire sortir de la réalité.


 

Un jour… Ce jour, Elle était plus elle, plus libre, plus fascinante que d´habitude. Moi, je devenais toujours fou pour une paire de beaux yeux, un sourire, un visage… Je succombais à n´importe quelle exception à la règle. C´était le carnaval ! Nous étions déguisés. Il y avait trop de monde, trop de couleurs, trop de plumes, trop de perles, trop d´accessoires. La musique était trop forte et les gens étaient trop excités. Cela te semble familier maintenant ? Pourquoi aurais-tu (aurions nous ?) besoin de toutes ces choses pour échapper à la réalité ? Ce jour, on n'en avait pas besoin. Je t´ai invitée dans mon bureau. Proposition assez bizarre pour un jour de carnaval. Toi, tu as hésité. Tu hésitais vraiment ? Ou faisais-tu semblant d´hésiter ? On ne sait jamais avec toi. Je t´ai invitée dans mon bureau. Le carnaval était fini pour nous. Après avoir bu un café, nous avons enlevé nos déguisements et nous nous sommes mis à travailler. Juste elle et moi, tous nus, en blanc et noir, sans son. J´ai vu tes yeux méchants. Je connaissais le risque. En fait, ce n´était pas un risque. C´était plutôt une conséquence certaine. J´ai choisi. J´ai fait mon choix. Nous avons construit ensemble une réalité alternative, un monde pour les deux, juste elle et moi. Avec nos outils d´artisans, nous avons fabriqué une oasis en blanc et noir et sans son. J´aurais pu rester dans ce monde là. J´aurais pu construire tant d´autres mondes avec elle. Ensemble, on aurait pu…


 

La nuit était tombée. Il était tard. Les gens dormaient. La ville était morte. Nous sommes sortis pour profiter de notre nouveau monde. Comment une promenade sous la lune, sur des ponts et le long de la rivière peut-elle être aussi fausse ? Après une nuit inoubliable, après mon bureau, après la plage, après l´absinthe, après tant de choses naturelles, après l´herbe, après la mer, après l´orage, après le soleil, après le froid, après tant de choses que tu n'auras même pas remarquées… mais avant toi, je me suis rendu compte que tu n’allais pas rester longtemps. La couleur, les sons te manquaient et tant de choses, de luxes, de plaisirs allaient encore te manquer. Tant de choses que je connais déjà trop bien pour leur donner de l´importance. Tu m'as demandé de te suivre mais tu voulais avoir seulement quelqu’un qui te suive. Tu ne pensais pas à notre monde et à moi.


 

Alors, pas de surprises ! J´ai couru par les rues, à travers les foules du carnaval, vertes, blanches, noires, oranges, rouges, bleues… Je criais, je pleurais, j´étais entouré par des fous, des monstres, du bruit. J´ai oublié tout cela et j´ai marché tranquillement jusqu´à mon appartement. Il y avait des milliers de personnes et il me semblait qu´ils m´attendaient, moi. Tant de masques ! Je reconnaissais tes yeux derrière chaque masque. Ils me manquaient déjà ses méchants et beaux yeux d’un tel vert. Je n´ai pas beaucoup dormi ces jours-là. Le carnaval dure toujours plus d´une semaine. Il reste toujours des secrets après et il prend beaucoup de choses avec lui : émotions, pensées, peurs, rêves. Ce n´est pas facile de se remettre à la vie après son passage. Parfois, on s’en remet après quelques jours, parfois après quelques semaines, quelques mois ou années… parfois, jamais.


 

Bien sûr, après ce jour-là, il restait encore plus d’une demi semaine de carnaval et après, il y a eu pleins d´autres carnavals dans nos vies. Un jour, tu m´as dit que tu aimais bien mes idées.


 

Elle est revenue mais c´était déjà trop tard. Le lendemain, il y avait des yeux orange puis bruns, gris… et moi, je devenais toujours fou pour une paire de beaux yeux, un sourire, un visage… Je succombais à n´importe quelle exception à la règle.


 

Maintenant, je m´y suis habitué. Je succombe à d´autres choses. Je succombe, je tombe amoureux, je me perds. Je me serais perdu si tes yeux n´avaient pas été méchants, s´ils m'avaient regardé comme moi je les ai regardés la première fois quand j´ai dit « Espera ! ». Je les regardais et je leur parlais et toi, tu attendais des paroles. Tes yeux regardaient ailleurs… ils regardent toujours ailleurs. Aujourd´hui, je fais semblant de ne pas savoir où et qui ils regardent. Demain, je ne le saurai pas. Il y aura d'autres carnavals et il y aura davantage de masques et derrière ces masques il y aura des mondes à découvrir. Mais je n'oublierai jamais ce vert si inattendu, si passager, si profond, si jeune, si sage, si mien.


 


 


 

Claudia (Colombie)

Je vis ses yeux méchants derrière le masque. Au milieu de la foule, la musique et la danse, son regard portait la haine cachée sous le déguisement mystérieux.

Une extraordinaire robe, toute noire, avec des fils d’or qui traçaient des figures bizarres, aussi belles qu’effrayantes, était devant moi.

A travers un visage immobile, ses yeux d’un bleu profond me faisaient peur. J’étais figée par son regard. Cet homme sous le masque portait un secret qui le faisait devenir fou de colère quand il me voyait.

Son déguisement et le rassemblement des gens aux visages inconnus nous transportaient dans un monde fait seulement pour les deux. Nous sommes restés, l’un face à l’autre, rigides, comme de lourdes sculptures de musée dans un silence sublime mais entourés des bruits de la fête de la ville.

Cependant, ce moment-là a été brisé par le mouvement de ses mains. Il a pris son masque très fort, comme pour l’enlever, pour s’en séparer, comme s’il était gêné par une douleur affreuse dans tout son corps.

Mais qui était-il ? Quelle vérité tourmentait son esprit ? Pourquoi était-il vraiment envahi d’une telle rage contre moi?

Un brassage de sentiments a parcouru mon corps. Des souvenirs, la douleur, l’impuissance mais aussi l’amour et l’espoir.

Tout à coup, l’homme d’un air ténébreux a pris le masque entre ses mains. Mon coeur battait plus vite et mon corps tremblait sans arrêt. Il a retiré son masque. J’étais prête à m’évanouir.

C’était un jeune homme, de trente ans, d’un profil élégant mais qui laissait voir la souffrance de son âme.

Tout de suite, j’ai senti un trou dans mon estomac et la débâcle de mon existence. Des images sont venues vers moi et les larmes ont jailli de mes yeux.

C’était mon fils, le fruit de l’amour interdit pendant un jour de folie au carnaval plus de trente ans auparavant, le résultat d’une société de double morale qui l’avait éloigné de moi juste après sa naissance car je n’étais qu’une fille célibataire qui devait suivre tout d’abord des études.

Et, le carnaval, lui, l’avait ramené près de moi, un carnaval qui cache des secrets mais aussi qui révèle la vérité et nous met face à nous-mêmes pour faire tomber les masques de notre âme.

-------------

Nora (Allemagne)



Je regarde les flammes frémissant devant moi. Lentement, elles mangent le "nubbel" devant mes yeux et avec cette poupée en foin qui se consume, le carnaval se termine. Et mon carnaval repasse devant mes yeux intérieurs : ma joie, mes petits péchés et cette nuit-là... Je suis en train de me déguiser. Je mets la perruque, mon maquillage… Il sonne. J’ouvre et mes copines montent, déguisées elles-mêmes en fantôme, diable et autres créatures de l’enfer. Nous éclatons de rire en nous regardant dans le miroir. Nous sommes dans la rue, sur le chemin, pour rejoindre le défilé des fantômes.

La nuit bouillonne de tous ces gens parlant, riant, chantant. Tout le monde est déguisé. Je vois un cheval riant avec un chat. Juste à côté, une princesse avec dans les bras un petit tigre. Une cowgirl tire avec son pistolet sur son ami Neptune, le Dieu de la mer.

Les tambours d’un groupe de samba résonnent dans l’air et bientôt, j’aperçois un cercle autour, dansant. Je ris et attrape le poignet de Maria pour l’amener au milieu du cercle. Il n’y a que des fantômes autour de moi. Des sorcières et de méchants magiciens. Un vampire s’approche de moi. Dans ses yeux, le feu brûlant de l’enfer ! Sa bouche : un sourire cruel, le sang de son dernier repas goutte dans les commissures. Un frisson descend sur ma nuque… Le vampire me tend une bouteille de bière. Je ris et la prends. C’est mon amie Johanna.

Dans la nuit, des maracas résonnent, des cloches aussi, des tambours, des cris : tout ce qui peut faire du bruit. La musique du carnaval martèle mon crâne. Les lumières frémissent, les corps bougent... On danse… On chante. Un serveur lutte pour avancer dans la foule. Sa main tient une couronne de bière au-dessus de sa tête. La foule roule comme des vagues autour de lui et il doit suivre ce mouvement pour avancer. Je danse au rythme de la musique. Je me tourne. Je monte les bras vers le plafond du ciel. Il fait chaud, trop chaud. Le bar vibre. J’ai besoin d’un peu plus d’air. Je grimpe sur un banc pour danser en haut. La foule légèrement en dessous.Je sens des regards. Des visages se tournent vers moi. Ils rient.

A côté de moi, danse un clown. Il trinque vers moi… Un sourire... Je vois tout le bar riant. Les visages s’illuminent. C’est un excès collectif. Je me sens partie intégrante de cette foule et en même temps seule au milieu. Je suis quelqu’un d’autre, montée des feux de l’enfer, belle, séduisante, un peu dangereuse. J’éclate de rire. Un regard me touche, croise le mien, passe, revient… Les yeux noirs d’un pirate, durs, méchants mais avec un sourire dessous. Ils parlent d’aventure. Je lui souris et il avance vers mon banc. Je descends et nous nous retrouvons au milieu de la mer des corps dansants. Ses yeux noirs sont juste en face. Des mouvements collectifs comme des vagues nous poussent l’un contre l’autre. Sa main touche la mienne, il saisit ma taille et nous dansons. Son sourire est doux. Sa tête au-dessus de moi. Je me perds dans les abîmes sombres que sont ses yeux... et je ferme les miens.Il y a seulement la musique qui bat dans mes veines. Ses mains chaudes dans mon dos. Ma tête contre son torse. Ses lèvres, mes lèvres… Nous avons échangé nos numéros cette nuit-là. Nous avons dit que nous nous reverrions après cette période dingue de carnaval, quand la folie quitterait Cologne. Mais qui vais-je retrouver ? J’attends un pirate avec des yeux noirs comme des abîmes sombres, des yeux qui parlent d’aventure, des lèvres qui racontent la tendresse, des mains qui me guident, fort. Je ne sais pas si je vais répondre à un appel de ce pirate quand les flammes auront déstructuré les dernières particules du "nubbel" devant mes yeux.





 

Carnaval à Cologne : Le carnaval chez nous dure une semaine : il commence le jeudi avant Mardi Gras jusqu’à ce jour .

Nubbel : Une poupée en foin qu’on brûle le Mardi Gras à minuit dans les bars pour terminer le carnaval. Cette poupée doit expier pour tous les péchés commis pendant le carnaval.

Groupe de samba : Pendant le carnaval de Cologne, il y a toujours des groupes rythmiques avec toutes sortes de différents tambours dans les rues.

Le défilé des fantômes : Un défilé alternatif à Cologne auquel tout le monde peut participer en apportant des instruments pour faire du bruit.


 

-------------


 

Sophie (Grande Bretagne)

Après des heures de voyage, il descend du train. Dehors, il fait chaud, humide et il porte toute la misère du monde sur ses épaules. Il prend son sac et commence à traverser le quai. Il y a tant de monde dans cette petite gare !

Au moment où il sort, il ne peut pas en croire ses yeux ; le spectacle devant lui est extraordinaire. C’est Carnaval !!! Tous ses sens sont stimulés ; les couleurs pénètrent sa vue, la musique et les voix de la foule entrent dans ses oreilles et son imagination devient délirante.

Lentement, il s’approche des gens et perdu, il se laisse mener par le mouvement. Il ferme les yeux et se sent en extase. C’est comme s’il était drogué par quelque chose de nouveau, de fort et d’incroyable. Les frissons parcourent son dos, ses bras et ses jambes. Il fait tout ce qu’il peut pour ne pas s’effondrer mais c’est difficile dans cette chaleur.

Il sent une main, toute petite et délicate mais puissante dans la sienne et il regarde autour de lui. Il voit une silhouette superbe devant et il la suit. Quand ils arrivent sur la grande place magnifique, elle se retourne et le regarde dans les yeux ; il est hypnotisé. Il oublie toute sa tristesse et se concentre seulement sur cette créature devant lui mais il ne réussit pas à la comprendre.

Elle est cachée derrière un masque d’or. Il voit ses yeux mais seulement le feu de sa passion. Il veut enlever cette barrière mais elle ne lui permet pas de le faire. De son sac, elle sort un autre masque. Il est immense avec des couleurs vibrantes : jaunes, orange et rouges. La belle inconnue le met sur son visage et d’un coup, il est libéré.

Il prend la tentatrice dans ses bras et galope à travers la foule comme un lion avec sa proie.


 

---------------


 

Shanshan (Chine)

Je vis ses yeux méchants derrière le masque.

J’avais l’impression d’être avalée. Il me regardait avec un regard figé, pénétrant. Nous nous croisions dans la foule et son regard seulement me fixait. J’avais peur de le regarder dans les yeux car il avait un regard intense et imposant : cela me rendait inquiète. En revanche, mon âme était l’opposée de moi.

Il me suivait partout, comme une écharpe qui était autour de moi. Je faisais semblant de ne pas le remarquer en continuant à parler avec mes copines mais je ne pouvais même pas me concentrer. Soudain, il me manqua quelque chose : son regard ! Son regard avait disparu. Je le cherchais autour de moi mais ne le retrouvais pas. Je ne savais pas pourquoi mais je me sentais un peu déçue.

A ce moment-là, quelqu’un me tapa légèrement sur l’épaule. Je tournai la tête et retournai la tête tout de suite. C’était lui ! Je reconnus son regard. Mon cœur battait rapidement. Il était derrière moi. Je sentais sa respiration. Il inspirait et respirait. Je m’encourageai à me retourner. Ses yeux étaient mystérieux sous le masque et avaient aussi une envie de possession intense à laquelle je ne pouvais résister. Il me saisit la main sans dire un mot. Nous courûmes sans nous arrêter jusqu’à un endroit désert, calme, obscur. Nous n’entendions que notre respiration. Je levai la tête pour lui parler mais sa bouche tendait vers moi. Il m’embrassa fortement. Sa bouche était chaude, sa langue aussi. Je ne résistai plus et l’embrassai…

Il reprit le masque et s’éloigna dans l’horizon. Je ne savais pas qui c’était. Je ne reconnus même pas son visage. Une personne mystérieuse et séduisante.

Pour moi, c’est une aventure exceptionnelle. Je n’ai pas envie de savoir, de connaître son visage mais je me souviens toujours de son regard inoubliable. Je veux rester dans ce mystère.


 

-------------

Articles portant sur des thèmes similaires :

Recherche


Discussions actives (+ commentaire)


Liste des mots-clés