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 Féminisation des noms de métiers

Les métiers ont-ils un sexe

  • norbert
  • Mercredi 16/09/2009
  • 18:03
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Ils sont toujours du sexe masculin. En 1984, j'ai eu la chance de travailler sur ce sujet. C'était la première fois, sous l'egide de Mme Yvette Roudy, ministre des droits de la femme en , qu'une Commission ministerielle de terminologie sur la féminisation des noms de métier avait été créée. Les résultats firent la une de tous les journaux, sous la risée du public en général mais bien souvent sous celle des femmes.
 
Si l'on proposait d'ajouter un "e" à auteur ou professeur, l'article "l'" ou "la" dérangeait - dans un cas l'on n'entendait pas la différence, dans l'autre, on entendait une "erreur de genre, de syntaxe" -, si l'on proposait autoresse ou professoresse - à l'instar de doctoresse - les blagues fusaient de toutes parts. Alors ne parlons pas de "pompière" ni de "pâtissière", la crème de la crème de nos .
 
Et voilà plus de vingt ans que le sujet est sur la table. Publiée au journal officiel quelques années plus tard, appuyée par Laurent Fabius, reprise et mise à jour en 1998, cette liste a toujours été rejetée... Et d'abord par l'Académie française. Le caractère soit disant péjoratif de certaines propositions, les connotations réelles ou craintes, les plaisanteries faciles ou les jeux de mots gras qui ne manqueraient pas de se produire, les habitudes ancrées dans les esprits - féminins surtout ! - , les réticences, l'orgueil - on peut être directrice d'école mais pas directrice d'une sociète - n'est-ce pas Madame le Directeur ? - furent, et sont encore, les principaux freins à la diffusion et au passage réel dans l'usage de ces propositions.

Les Commissions de terminologie ont néanmoins connu quelques succès : logiciel (dont tout le monde se moquait au début) et matériel sont bien entrés dans les moeurs, le fameux balladeur également... Mais en matière de féminisation des noms de métier je pense que l'échec est total. Et les femmes y sont pour beaucoup. Ce sont elles qui ont refusé la plupart des propositions. Simplement en ne les appliquant jamais. C'était ridicule, indécent, voire dédaigneux que de les rabaisser au rang de pompières, professeures, auteures, doctoresses (pourtant déjà connu mais rejeté), pâtissières et même cuisinières, mesdames les grands chefs ne pouvaient avaler cette proposition aux connotations électroménagères. Je me souviens pourtant que la Commission à laquelle je participais n'était composée que de linguistes du genre masculin... Grasse erreur je pense. Laissons le temps au temps. Ce n'est pas un problème très grave puisque les femmes ne se sentent apparemment pas trop lésées par ces dénominations.
 
Notre langue ne se prête peut être pas à cela, disent certains. Je ne suis pas du tout d'accord avec cette affirmation... Un peu d'imagination et de bon sens pourraient suffire à inverser la tendance et à doter notre lexique de cette égalité qui lui fait souvent défaut. En la matière c'est flagrant.

Norbert Kalfon

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