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 2.6.1 Table ronde lors des rencontres Afropixel à Dakar

2.6 Rencontres à Dakar et Marseille

 

 Du 10 au 12 Mai 2010, le réseau est invité par la à venir présenter ses travaux au festival Afropixel à Dakar. En pleine préparation du lancement du thème , c’était l’occasion de faire réagir les participants en présentiel. Des petites interviews furent tournées[1].

Sylvestre ()

« Moi j’aime bien les chansons de Francis Cabrel, ça symbolise pour moi la parce que c’est des chansons douces, vraiment, souvent un peu mélancoliques. »

Housseni ()

« Moi, ce qui me rappelle la , c’est cette chanson de Daniel Guichard, là où il chante... mon père, c’est mon père ou mon vieux, c’est la chanson dans laquelle il décrit son père, austère et digne, et surtout l’image qu’il fait ressortir, le père, le père austère, aimé et respecté, ou sinon le père respecté mais pas aimé. Lui il aime son père, avec cette austérité, pour tout le comportement qu’il a, ça dénote le lien entre le père et le fils. »

Dioncounda ()

« J’ai une chanson de Salif Keita, le rossignol du Mandé, c’est « Nous pas bouger ». C’est une chanson qui traduit et met en scène des relations très conflictuelles du point de vue culturel, civilisation et même aussi ??? entre, non seulement la et le son d’origine, mais somme toute entre l’occident et les du tiers-monde, et principalement l’ noire, le Sud Sahara, parce que ce n’est pas le même traitement que les Magrébins ont avec la que les Africains de l’ noire au sud du Sahara. « Nous pas bouger c’est une résistance à cette injustice-là, au rejet des Africains noirs pour les cartes de séjours, les visas en Europe. Donc les Africains de qui disent « nous pas bouger », avec les problèmes des sans-papier, vraiment on vit dans les affres post-coloniaux d’une relation très conflictuelle. »

Abass ()

« La chanson qui m’a beaucoup inspiré en c’est la chanson de Diam’s, quand elle dit « Ma à moi », ce qui est très signifiant, il faut le reconnaître, parce qu’en fait elle explique beaucoup de choses sur la réalité de la d’aujourd’hui, qui fait qu’il y a beaucoup de gens qui ont des problèmes, qui sont des exclus, et pourtant on pourrait essayer de les récupérer aussi, pourquoi on n’a pas essayé d’aller vers le banlieues. Parce qu’effectivement il n’y a pas que les mauvais là-bas, il y a aussi des gens bien qui sont prêts aussi à travailler, qui sont prêts à mettre aussi leur savoir-faire pour le développement du , ce qui est très important. 

Et aussi, mon collègue vient d’évoquer Salif Keita, et il y a une chanson de Salif Keita qui dit « La différence ». Il dit «  la différence, c’est quoi ? ». C’est pas seulement la différence pour le blanc et le noir. Parce que Salif Keita, il est très inspiré, je peux même dire que c’est vraiment un poète à mon sens. Donc quand il parle de la différence, il veut montrer que c’est la différence qui est jolie. Il faut créer la différence pour que vraiment on puisse dire qu’il y a une harmonie en ce moment. Sinon, si tout le monde était la même chose, il n’y aurait pas d’harmonie. »

Moise ()

« La musique qui symbolise... pas seulement la , je pense, mais la relation entre la et nos – on entre dans le cinquantenaire –, c’est une chanson de Pierre Bachelet dont le titre est je pense « Le Dernier Bal ». Il y a particulièrement un passage où il dit « en ce temps-là j’avais vingt ans, j’avais vingt ans depuis longtemps, j’avais vingt ans éternellement », et donc je fais le rapprochement avec les 17 africains qui fêtent le cinquantenaire de l’indépendance.  Ca fait cinquante ans que nous sommes indépendants, c’est le moment de nous poser des questions. Ca fait cinquante ans que nous sommes indépendants : avons-nous cinquante ans depuis longtemps, avons nous effectivement cinquante ans, c’est le moment de faire le point sur tout ce que nous avons pu faire, qu’est-ce que nous avons pu faire de nos indépendances, sommes-nous effectivement indépendants (???).  Et pourquoi je pense à la , c’est parce que je me demande « est-ce que... que veut dire l’indépendance ? La n’aurait-elle pas dû nous aider à grandir ? Parce que cinquante ans chez nous c’est l’âge... en fait on est à la retraite ! C’est-à-dire qu’on est dans le troisième âge déjà. Mais quand je regarde, nous sommes encore... c’est pourquoi je dis « peut-être que nous avons cinquante ans depuis longtemps, d’où le parallèle avec la chanson de Pierre Bachelet qui dit « j’avais vingt ans, j’avais vingt ans depuis longtemps, j’avais vingt ans éternellement », donc vivement (??) que nous n’ayons pas cinquante ans éternellement. »

Plusieurs thèmes déjà évoqués dans les échanges en ligne ou lors des rencontres ressortent, de nouveaux apparaissent. Ce qui est intéressant c’est l’alternance de visions négatives et positives : la jeunesse et la mélancolie des souvenirs, la place des anciens, la vision post coloniale mais aussi la jeune indépendance, l’exclusion et le rejet mais aussi la beauté de la différence…

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