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 2.5.3 Synthèse des contributions sur les chansons

2.5 Nouveau départ en ligne et… en musique

 

 La première phase, qui s'est déroulée de mi-mai à la fin juin, a permis aux participants (une vingtaine à ce jour) d'ébaucher un premier recensement. Chacun a présenté une ou plusieurs chansons en cherchant à expliciter son lien personnel avec tel ou tel aspect de chaque œuvre évoquée. Comme on pouvait s'y attendre, l'aspect linguistique n'a été qu'effleuré dans les contributions publiées. A ce stade, les participants ont avant tout cherché à témoigner de leur rapport singulier avec certaines chansons (souvenirs, émotions...), tandis que la question de l'évolution de la langue relève d'une démarche plus collective. Trois grands thèmes sont ressortis.

« On est de son enfance comme on est d'un  »

Les premières contributions, dont plusieurs provenaient du reste de Français vivant à l'étranger, faisaient spontanément écho à cette remarque de Saint-Exupéry. A travers l'évocation d'un , c'est notre enfance que certaines chansons nous restituent par bouffées. 

Parmi les chansons citées, on trouve par exemple : 

·         Belle-Île en Mer : "Souvent, quand on me parle de la - j'en suis éloigné depuis longtemps -,  je pense à cette chanson

·         Louxor j'adore : "On passe devant un cimetière, on aperçoit un clocher... La première fois que j'ai vu le clip, j'ai même cru reconnaître une rue du petit village de mes grands-parents, en Bretagne, où j'allais enfant !". 

Le lien affectif des Français avec leur coin de campagne connu lors de l’enfance ou des vacances, a survécu à l'exode rural, et il serait intéressant de savoir comment cet attachement universel s'exprime sous d'autres climats. Par exemple, le "village" est certainement un thème souvent évoqué dans la chanson africaine, mais dans quelle(s) langue(s) ?  

On notera en passant la sur-représentation de la Bretagne, terre d'échanges, de grands voyageurs, comme le souligne l'auteur d'une page consacrée à  la chanson de Gilles Servat Je dors en Bretagne ce soir : "Et puis il y a les océans, les ports et les chemins qui permettent de relier les cultures différentes"). 

"Chanter c'est partir un peu" : l'artiste apatride ou citoyen du monde ?

En même temps qu'elle ravive nos racines territoriales, la chanson nous invite à échapper à notre condition, à croiser toutes nos origines réelles ou imaginaires. C’est le cas par exemple de la contribution, dans la page Ici ou ailleurs (sur la chanson "Jammu Africa" d'Ismaël Lô) : "Peut être parce que j'y suis né, il m'est impossible de penser à la sans penser à l'." Une remarque qui fait étrangement écho au début de la chanson A Ostende d'Alain Bashung : "A Ostende j'aime Gibraltar". Rêver d'ailleurs, d'être ailleurs, d'être d'ailleurs... Le concept officiel d'identité nationale résiste mal à une lecture attentive des paroles de chansons. 

Des mots bleus aux ecchymoses : Paris nouvelle capitale du désamour ? 

La page sur les Champs Elysées, évoquant un souvenir d'adolescent émerveillé en découvrant l'Arc de Triomphe, a suscité un commentaire très critique sur la réalité actuelle de ce quartier, puis une page sur la rancoeur voire l'hostilité croissante des artistes français vis-à-vis de Paris. Point de vue tempéré par le chanteur Stéphane Cadé qui, en guise d'introduction à sa chanson Neuilly Saint James, nous invite à continuer "de mythifier cette ville, d'alimenter la légende, comme l'ont fait tant d'illustres menteurs avant nous. Ces mythes façonnent la réalité de ceux qui viennent après".   

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