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 2.5.2 Une première sélection de chansons

2.5 Nouveau départ en ligne et… en musique

 

 Une première liste de chansons évoquant la est proposée pour permettre aux contributeurs de simplement réagir dans un premier temps pour ensuite plus facilement proposer eux-mêmes les chansons qui les ont marquées. Cette première sélection doit beaucoup à un article – polémique à souhait – de  Louis Moulin sur Slate.fr : « La «Douce » est une garce ». Ce premier échantillon est essentiellement franco-français mais à) pour but à être élargit par les contributions.

·         Douce  : Sûrement pas la meilleure chanson de Trenet, mais le fait est qu’on a tous le refrain en tête... Pourtant le texte (composé en 1943) m’inspire un certain malaise. "Mémoire", "souvenirs", "autrefois", "enfance", "dans la joie et la douleur"... l'aveuglement érigé en art. 
Alors pourquoi cette emprise sur notre mémoire : l’effet du matraquage ? Pas si sûr... Au-delà du sens, c’est la mise en musique de la langue qui enchante, cette façon prémonitoire de caler les syllabes sur la section rythmique pour les faire rebondir. Une oreille prodigieuse qui a complètement assimilé la révolution musicale du jazz. Pour Boris Vian, Trenet est celui qui, le premier, a su faire swinguer la langue française.

·         Douce  : (reprise par Carte de Séjour, Rachid Taha)  - Avant tout un geste politique sous forme de joyeuse pochade : « Une chanson écrite en 1942 et chantée par des Arabes, pour nous, c'était comme si on changeait de sexe en direct. » Le décalage entre les paroles et la musique est jubilatoire, même si le projet musical ne me semble pas complètement abouti.

·         Ma  : (Jean Ferrat) : chant de révolte contre les injustices, qui invoque les poètes de la résistance, mais en alexandrins de facture plus que classique (Hugo, voire Racine) – tant de paradoxe dans cette chanson ! Et malgré tout l’émotion passe : chaleur du grain de voix, personnalité attachante de cet artiste généreux, authentique, lucide, qui choisit franchement son camp tout en se posant au-dessus de la mêlée. Le coup de gueule tranquille. Et toujours cette sensualité d’un rapport "vécu" à la nature : Quelque chose dans l'air a cette transparence. Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche. Ma

·         Lettre à  : (Michel Polnareff)  -  "Depuis que je suis loin de toi / Je suis comme loin de moi / Et je pense à toi tout bas" : Une autre nostalgie, celle de l’exilé. "" (le prénom), "je", "tu", "toi", "moi" : une économie de mots absolue pour confiner la douleur muette de la séparation ("ce silence / parfois au fond de moi") dans la plus stricte intimité du couple amoureux.

·         L'Hexagone : (Renault)  -  On attend surtout le retour du refrain, dont les vers 2 et 4 changent à chaque fois, avec ce petit temps d’attente après "hexagone" et "trône" qui décuple l’effet comique : Etre né sous l'signe de l'hexagone, ... c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment, et le roi des cons, sur son trône, ... j'parierai pas qu'il est all'mand.

·         C'est ça la  : (Marc Lavoine)  -  Superbe travail prosodique sur un rythme de reggae à l’accéléré. Fluidité du débit dont presque tous les accents prennent notre oreille à contrepied – par exemple dans le refrain : C'est ça - la  / Du chili dans les gamelles et du vin dans les bidons / C'est ça - la 

Sans oublier bien entendu :

·         Un jour en France (Noir Désir)

·         Ma  à moi (Diam's)

·         La  hallucine (Kool Shen)

·         Jeunesse  (Psy 4 de la Rime)

·         Ma  d'en bas (Brasco)

·         Notre  à nous (Sinik)

·         ta mère (Babylon Circus)

·         La  (Sniper)

·         etc.

Il est proposé, à partir des chansons identifiées, de travailler avec différentes approches. Sur les mots utilisés tout d’abord, en cherchant les points de basculement d’un monde à l’autre : La « gratte » s’enoblit en « guitare », la « balance » se professionnalise en « soundcheck », comme la fiche technique en « rider ». De même, certains mots fréquemment entendus (« cachet », « manager », « droits »...) traduisent moins les réalités quotidiennes des autochtones que leurs aspirations.

Une deuxième approche consiste à interroger le statut singulier du français dans le rapport entre et musiques. « On entre dans une chanson par la musique, on y reste pour les . » Cette remarque d’Alain Bashung est symptomatique d’un tournant amorcé vers la moitié du siècle dernier par la chanson francophone. En quoi notre langue diffère-t-elle de l’anglais à cet égard ? Comment, et au prix de quelles transformations, s’adapte-t-elle aux différents genres musicaux ? Et surtout, comment la musicalité du français est-elle perçue dans les différentes cultures francophones ? Ceci peut être fait à travers les reprises de chansons  (Blowing in the wind de Bob Dylan versus Dans le souffle du vent de Hugues Aufray ; ou à l’inverse Comme d’habitude versus My Way) ; les confrontations de chansons francophones se rapportant à un même thème (Ancien Combattant de Zao versus Les Joyeux Bouchers ou bien Le Déserteur de Boris Vian) ; ou encore les collaborations musicales interculturelles (comme le duo de Francis Cabrel et Zachary Richard dans La promesse cassée).

Enfin, une troisième approche s’intéresse aux lieux de concerts comme lieux de mémoire, chacun pouvant y évoquer un souvenir marquant ou une anecdote vécue.

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